De l’espace pour la théorie !

Nouvelles théories, contre-théorie, anti-théorie

Géopoint16 se déroulera les 13, 14 et 15 juin 2016 à Lausanne, avec pour thématique « De l’espace pour la théorie ».
Qu’est-ce qu’une théorie de l'espace ? A-t-on besoin de théorie pour le décrire, l’expliquer, le comprendre, le transformer ?
Sur le principe, ces questions semblent appeler une réponse consensuelle, mais, en pratique, ce n’est pas si simple.
D’abord, nombre de chercheurs continuent de se détourner de la construction de concepts et d’énoncés théoriques.
Ensuite, la contribution de la recherche sur l’espace à l’ensemble des théories du monde social reste souvent implicite, insuffisamment diffusée et discutée, alors même que le « tournant géographique » a progressivement conduit l’ensemble des sciences sociales à prendre l’espace au sérieux.
Enfin, plusieurs courants ou tendances récentes ont pour effet de mettre en question l’idée même que des théories de l’espace puissent être possibles, utiles ou légitimes.

Inscriptions

Ça pense.

« De l’espace pour la théorie » se déclinera en quatre questionnements :

1. Les nouveaux imaginaires théoriques pour penser l’espace.
Quelles sont les théories émergentes et avec quelles ressources et quelles démarches produit-on, aujourd’hui, de la théorie sur l’espace ?

2. Théories de l’espace, théories du social.
Quelle contribution spécifique des théories de l’espace à l’explication et à la compréhension des mondes sociaux ?

3. Contre-théorie: les Big Data comme alternative à la pensée théorique ?
L’irruption de données numériques massives nous invite-t-elle à délaisser la théorie au profit d’un nouvel empirisme ou au contraire à relever les défis théoriques de ces nouvelles ressources ?

4. Anti-théorie: délégitimation, réductionnismes et activismes.
Le post-modernisme, le néo-structuralisme, les réductionnismes et les militantismes sont-ils compatibles avec la théorie ?

Ça change.

Quarante ans après le premier Géopoint, tenu à Genève en 1976, Géopoint16 portera un regard à la fois rétrospectif et prospectif sur la recherche dans les sciences de l’espace habité. Le comité permanent de Géopoint comprend désormais vingt-quatre chercheurs représentatifs de la diversité des courants intellectuels de la géographie francophone.

Celle-ci doit s’ouvrir aux autres aires linguistiques, en valorisant ce qui fait sa force : chacun, quel que soit ses orientations de recherche, peut s’y adresser à tous.

Au-delà, ce sont toutes les connaissances de l’espace, théoriques et pratiques, de la sociologie à l’histoire, de la philosophie à l’urbanisme, de la science à l’art, qui sont les bienvenues, et invitées à se faire entendre, c’est-à-dire à se frotter les unes aux autres.

Les communications pourront être verbales, écrites et orales, mais aussi non verbales : photos, films, cartes, dessins, jeux. L’esprit de la rencontre vise à favoriser toutes les expressions de la recherche, en privilégiant le débat. Différents dispositifs permettront de donner toute leur place au désaccord et à la controverse.

Ça bouge.

Géopoint16 vous propose de relever la tête du guidon et de prendre le temps de réfléchir à nos pratiques de recherche, aux notions maniées sans y prendre garde à force d'habitude. Géopoint16 conjuge l’exigence de rigueur et une ouverture délibérée à toutes les formes d’interaction scientifique.

Plus qu’un colloque, Géopoint16 offre donc une autre expérience, aiguë et exigeante, mais aussi décomplexée et décontractée, de la recherche. C’est une démarche qui privilégie les ouvertures, les marges, les rencontres inattendues, les mises en questions et les mises en débat, car c’est ainsi que la science avance. Une rencontre entre toutes les géographies, toutes les théories, toutes les pratiques, entre tous ceux qu’intéressent penser et transformer l’espace des humains. Une rencontre entre toutes les disciplines, tous les langages, tous les médias, toutes les générations et toutes les manières de faire de la recherche. Une rencontre francophone avec le Monde. Une occasion aussi, de faire la fête pour tous ceux que l’espace habite.